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Les posidonies


Une pousse lente
Endémique à La Méditerranée, la posidonie est une plante à fleur (et non une algue), l'une des rares plantes à fleurs à pouvoir vivre en eau de mer.
Elle possède des feuilles rubanées de 20 à 80 cm de long selon les saisons et d'un centimètre de large environ. Les feuilles sont organisées en faisceaux eux-mêmes attachés à des tiges rampantes ou dressées (les rhizomes).
La plante pousse de deux façons.
·Horizontalement d'abord, elle va occuper un maximum de terrain.
·Ensuite verticalement le bouquet de feuilles piège des sédiments et ainsi permet de reconstituer le sol. L'élévation successive du fond donne une "matte" dont la partie haute est vivante. Dans la baie de Giens, la matte monte jusqu'à 8 mètres de haut.
Les posidonies poussent très lentement:1 à 5 centimètres par an, 10 cm dans les conditions optimales.
Toute l'année les posidonies perdent leurs vieilles feuilles brunies ; la perte est toutefois plus importante et visible en automne, après les premières tempêtes. Les herbiers de posidonies vivent dans la bande littorale, jusqu'à 40 mètres de profondeur maximum.

Utilités multiples
L'herbier de posidonies est indispensable à la vie en Méditerranée.
Il a une fonction de poumon: il rejette de 14 à 20 litres d'oxygène par jour et par mètre carré. Cet écosystème très riche produit deux fois plus d'oxygène que la forêt vierge.
C'est un lieu de vie pour algues et animaux.
Il sert d'abri, de cache et de frayère aux poissons. Dans le temps, des espèces se succèdent, tant la place est convoitée - 1 m2 d'herbier offre une surface foliaire de 20 à 50 m2.
Les posidonies sont le premier maillon de la chaîne alimentaire.
L'herbier participe à la construction des fonds marins, rehaussés et stabilisés. Les feuilles atténuent la houle : du coup, la vague est moins forte en arrivant sur la plage et emporte moins de sable.
Même les feuilles mortes ont leur utilité : rejetées sur la plage à l'automne, elles forment des banquettes qui protègent les plages de sable de l'érosion.
La disparition de la surface vivante des mattes a entraîné l'érosion de la plage de la route du sel sur le tombolo de Giens.

Repiquages
Plante à fleur, la posidonie se reproduit par voie sexuée: fleur, fruit, graine. Le fruit est appelé olive de mer. Mais elle se propage et se reproduit le plus souvent par bouturage.

Pour réparer les dommages dus aux pollutions telluriques et humaines, à la construction des ports et aux endigages, aux arrachages provoqués par les ancres, l'homme se fait "jardinier de la mer". C'est ainsi que se nomment les plongeurs bénévoles de l'association fondée par G. Cooper, marin, pécheur et autodidacte qui remarqua d'importantes disparitions de posidonies à la fin des années 1950 (ce qui correspondait à l'apparition sur le marché des détergents et à l'emploi massif de pesticides).

Evidemment, les Jardiniers de la mer ne prélèvent pas les boutures sur l'herbier vivant: ils récupèrent des épaves de posidonies qui vont trouver une seconde vie grâce à eux. Ces boutures sont placées dans une contrainte: un cadre en béton muni d'un double grillage qui permet l'insertion des boutures. D'un poids de 10 kg, la contrainte est suffisamment solide pour résister aux courants de fond. Les montants empêchent que les courants déracinent les boutures et le double grillage protège la bouture de la destruction par les crabes. Ainsi, avec 6 plongeurs, en une heure, 5400 boutures sont repiquées au fond de la mer.

Les récifs alvéolés des briques qui forment des cubes évidés dans un cadre en béton, protègent les contraintes. L'association, aujourd'hui présidée par Andrée Sougy, cherche à améliorer la technique avec des matériaux naturels, tels que les fibres de noix de coco. D'autres méthodes sont expérimentées par d'autres associations ou groupements.


A l'intérieur des récifs alvéolés sont posées les contraintes qui servent au repiquage


Dix ans après, posidonies et algues ont repris le dessus


Crédits

Photos:
Association fondation G. Cooper

Nos remerciements à Andrée Sougy présidente de l'association G. Cooper
Les Jardiniers de la mer pour la survie de la Méditerranée (BP 574 83411 Hyères cedex) à la Direction de l'Environnement du Conseil Général (Carnet de l'environnement
Le littoral Varois rédigé par Claire Dumuzois).

[ Dossier recuilli dans Conseil Général du Var Magazine, avril 2002 ]


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