Photographie didactique
Ce style de photo est destiné à un usage principalement
scientifique. Il s'oriente vers une vision plus précise
et ciblée que la photographie artistique. Mais rien n'empêche
néanmoins de concilier les 2 optiques afin de rendre l'approche
plus agréable !
La plante dans son contexte
L'environnement a son importance pour apréhender l'espèce
dans son biotope naturel. Une première photo d'ensemble
est donc nécessaire pour présenter le port de la
plante et son environnement. Ensuite, on pourra réaliser
autant de vues nécessaires à la détermanation
pratique. Mais il faut bien reconnaître qu'une série
de photos est souvent insuffisante pour une détermination
efficace ; rien ne vaut être en présence de la plante
fraîche avec tous ses éléments de détermination
(qui ne sont pas toujours disponibles d'ailleurs au moment de
l'observation : par exemple, on peut ne pas disposer simultanément
de la fleur épanouie et du fruit mûr).
Le détail qui fait la différence
Avec l'habitude, le botaniste finit par connaître quels
sont les organes privilégiés par les flores pour
l'identification. Pour chaque famille, pour chaque genre, il est
nécessaire d'observer tel ou tel élément
dans le détail. Il peut s'agir du type et de la forme du
fruit, du nombre ou de l'aspect des carpelles, des divisions ou
l'indentation des feuilles, etc. Pour disposer d'un maximum de
données exploitables, il est souvent indispensable de photographier
certaines parties en photomacrographie (ou " en macro
" pour simplifier), c'est à dire à une distance
de mise au point de quelques centimètres afin d'obtenir
une image de l'organe agrandi comme avec une loupe. Le paragraphe
suivant " Le matériel " présente les différentes
solutions proposées pour ce genre de prises de vues.
L'éclairage
A la base, la photographie est un compromis permanent entre 3
paramètres fondamentaux que sont la sensibilité
du film (ou du capteur), l'ouverture du diaphragme et la
vitesse d'obturation et qui évoluent en corrélation
pour obtenir une exposition correcte. C'est la loi de réciprocité.
Les plantes à photographier se présentent rarement
dans la situation la plus favorable pour le photographe : le vent
est le principal ennemi car le moindre souffle fait osciller le
sujet dans tous les sens, ce qui rend très difficile (voire
impossible) la mise au point , surtout à faible distance.
Il faut alors recourir à des astuces et des stratagèmes
pour atténuer les mouvements. En prise de vue macro, on
est confronté à un autre problème, celui
de la profondeur de champ. Et cette profondeur de champ est nécessaire
si l'on veut restituer une image fiable de l'organe photographié.
Et comment augmenter la profondeur de champ ? En diapragmant.
Et, loi de réciprocité oblige, le temps de pose
se retrouve à une valeur proche de la seconde. Alors, que
faire ? Fixer l'appareil sur pied ? Cela ne résoud pas
le problème du vent. La seule solution : le flash.
Il permet un apport considérable de lumière, tout
en figeant tout mouvement par son éclair très bref.
Les photos au flash perdent quel que peu leur naturel, mais offrent
au moins une bonne netteté sur tous les plans. Mais qu'importe
! Nous ne recherchons pas un résultat artistique...
Accessoires, trucs et astuces
En macro-photo botanique, il est rare
de pouvoir travailler dans des conditions idéales avec seul
le boîtier muni de son objectif avec ou sans complément
optique. Il est souvent nécessaire de recourrir à
quelques accessoires classiques :
Le trépied
Il est nécessaire en éclairage ambiant imposant
la prise de vue en pose lente (< 1/30 s avec un objectif standard).
Mais encore faut-il que le sujet soit absolument immobile. Pour
les plantes, souvent de faible hauteur, on aura recours le plus
souvent au pied de table, petit trépied léger de
20 cm maximum muni d'une rotule pour le cadrage. Il existe aussi
des tépieds classiques équipé d'un tube supplémentaire
spécial macro permettant de fixer l'appareil en dessous
et pouvant coulisser d'avant en arrière pour le cadrage
et la mise au point. Ce type de matériel est plutôt
lourd et encombrant, assez peu maniable et relativement onéreux.
A mon avis, rien ne vaut les coudes du photographe possés
au sol pour la stabilité et l'appareil tenu à mains
levées.
Le cube anti-vent
Il s'agit d'un cube pliant en plexiglass qui se place par dessus
la plante à photographier (voir photo ci-dessous). Une
fois les 4 ou 5 faces du cube dépliées, la plante
est enfermée dans une " cloche " transparente
qui l'isole des intempéries tout en laissant pénétrer
la lumière. On peut utiliser les faces hors champ pour
y poser diffuseurs ou réflecteurs afin de modeler l'éclairage.
Il est évident que la face arrière doit toujours
être impeccablement ptopre et exempte de toute rayure qui
se verrait immanquablement sur la photo.
Le soleil sur un plateau
Quelquefois (pour ne pas dire souvent), le sujet convoité
se dissimule derrière un rocher ou à l'ombre des
branchages. Pourtant, le soleil brille à quelques (déci)mètres
de là. Plutôt que de déplacer la plante dans
une zone ensoleillée, pourquoi pas déplacer le soleil
? C'est très simple : il suffit d'utiliser un miroir !
Mais inutile de trimbaler la glace de la salle de bain ! La prochaine
fois que vous consommerez du saumon fumé , récupérez
le carton argenté qui lui sert de support. Ce réflecteur
de fortune sera tenu par un(e) assistant(e), ou à défaut
fixé sur un support planté dans le sol et orienté
de façon à renvoyer la lumière sur la fleur
à photographier (voir exemple ci-dessous). Il existe 2
modèles de cartons: l'agenté et le doré.
Les deux sont utilisables : l'agenté donne une lumière
blanche identique à celle du soleil. Le doré procure
une dominante jaune qui compense le bleu du ciel en milieu de
journée. Il donne l'impression que la photo a été
prise en fin d'après midi, lorsque le soleil est bas sur
l'horizon ; cette impression est encore accentuée du fait
de la position très basse de la source de lumière,
surtout si l'on n'utilise pas de diffuseur pour l'adoucir.
Un diffuseur pour flash "cobra"
Voici l'accessoire que j'ai utilisé plusieurs années
durant, avant l'achat du flash annulaire : un cône en calque
minéral, à placer sur l'objectif pour intercepter
la lumière vive et agressive du flash. Mesure flash TTL
de rigueur (avec câble dédié).
L'accessoire est monté sur un support rigide qui s'adapte
aisément sur un porte-filtres Cokin. Le flash, placé
à l'arrière, vient éclairer le diffuseur
qui procure une lumière très douce au sujet placé
très près.
Demi-cône de calque mylar monté en diffuseur de lumière
devant le flash. Il est fixé sur un porte-filtre Cokin.
Modeler la lumière d'un flash annulaire
L'inconvénient majeur du flash annulaire est de restituer
une image plate, sans relief. On peut y remédier en masquant
certaines zones de l'anneau pour rendre l'éclairage moins
symétrique.
L'éclairage au flash idéal (à mon avis)
Depuis l'achat de mon premier réflex numérique (Nikon D70s), je ne
peux plus utiliser le flash annulaire, incompatible. Par contre, le système
que j'utilise actuellement est une combinaison de plusieurs des techniques ci-dessus.
Un diffuseur translucide capte et renvoie l'éclair du flash intégré
vers le sujet, jusqu'au rapport 1:1. A cette distance, en l'absence de lumière
ambiante (flash seul), l'éclair est assez puissant pour fermer à f:32
à 200 ISO ! Le modelé est agréable, la mise en oeuvre est
aisée, il est très facile de doser le rapport lumière du jour /
lumière artificielle pour obtenir un éclairage d'aspect naturel.
De plus, le numérique permet de se rendre compte immédiatement d'une
erreur d'exposition et/ou de netteté. Le système est facile à
escamoter si l'on souhaite utiliser le flash sans le diffuseur. Pour moi, ce
système ne présente que des avantages ! L'essayer, c'est l'adopter....
Remplacer un fond disgrâcieux
Il arrive qu'il soit impossible de détacher suffisamment
le fond du sujet pour le rendre moins présent. Qu'à
cela ne tienne ! Remplacez-le par un autre fond venant d'ailleurs
(de Mars, pourquoi pas !). Lors de vos sorties Nature, photographiez
une haie boisée, un champ verdoyant en perspective, une
chaîne de montagnes, un ciel bleu garni de quelques nuages
harmonieux, etc. en prenant soin d'obtenir des images floues !
Faites les tirer (ou imprimez-les) en format 20 x 30 environ (ou
A4) sur papier mat. Ces photos floues serviront de fonds de substitution
à vos photos de fleurs. Attention de ne pas en abuser,
surtout si certains détails sont reconnaissables ; on pourrait
y deviner la supercherie. [proposer de tels fonds sur le site].
On pourrait aussi utiliser des feuilles de papier Canson de couleur,
mais le résultat serait moins naturel.

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